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L'Islandais : Le tölteur venu du froid

Origine géographique : comme son nom l'indique, l'Islandais est originaire d'Islande. Pays de glaciers et de volcans, l'Islande est une île se situant au large de la Norvège, au sud-est du Groenland.

Origine historique : l'Islandais serait né du croisement entre des poneys norvégiens et celtiques, tout comme son cousin le Fjord. Il aurait été croisé, puis importé en Islande par les Vikings il y a plus d'un millier d'années. C'est ainsi que du sang shetland, highland et connemara coule dans ses veines. Les conditions climatiques très dures qui règnent sur l'île l'ont rapidement façonné et ont donné naissance à un poney rustique, qui se satisfait d'une nourriture très pauvre composée de lichens et d'algues. L'Islandais servait de moyen de transport aux habitants. Il était toujours monté mais jamais attelé, le sol islandais étant trop accidenté pour permettre le passage d'une carriole ou d'une charrette. Il permettait ainsi à la population de se déplacer rapidement sur un territoire somme toute assez vaste. L'Islandais servait également à rassembler et à conduire les très nombreux troupeaux de moutons disséminés sur l'île.
Au fil des années, la race n'a guère évolué. L'Islandais est en effet le seul cheval présent sur l'île et toute importation de chevaux est interdite en Islande par le Parlement depuis plus de 1.000 ans. Les poneys se reproduisent en vase clos, sans aucun croisement, et ont gardé intactes toutes leurs qualités. En outre, tout Islandais qui quitte l'île ne peut plus ensuite y revenir : des mesures sanitaires l'interdisent.


Elevage : dans son pays d'origine, l'Islandais est toujours élevé en semi-liberté. L'herbe y est rare et les conditions météorologiques presque polaires. Mais l'Islandais a depuis longtemps appris à composer avec les rigueurs du climat et la pauvreté de la végétation. Son épaisse toison le protège du froid et de la neige, tandis que son estomac se contente de peu.
C'est en Allemagne, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, au Canada et aux Etats-Unis que l'Islandais est ensuite le mieux représenté. C'est d'ailleurs en Allemagne que se déroule le championnat d'Europe d'équitation islandaise. En France, les élevages d'Islandais sont encore peu nombreux, bien que la race soit actuellement en plein essor. La majorité des élevages se concentre à l'est du pays. On compte en France environ 5.000 chevaux Islandais contre 40.000 en Allemagne (70.000 en Islande). Mais si la race est reconnue par les Haras nationaux, le monde hippique français n'arrive toujours pas à décider s'il doit considérer l'Islandais comme un cheval ou un poney (le mot poney n'existe pas en Islande). Et l'équitation islandaise n'est pas reconnue en France.
L'Islandais est assez tardif et ne doit pas être débourré avant l'âge de cinq ans. A l'inverse, il peut vivre jusqu'à l'âge de quarante ans. Habitué à une nourriture pauvre, il est facilement sujet aux fourbures et aux coliques si son alimentation est trop riche. Il doit donc être rationné. Très rustique, il peut vivre sans problème à l'extérieur toute l'année, à condition d'avoir un abri, un peu de foin et des compagnons de pâture. C'est ainsi que l'élèvent généralement les éleveurs du monde entier afin de préserver les caractéristiques de la race.


Utilisation : l'Islandais fait parti de ces chevaux que l'on désigne sous le terme de " chevaux d'allures ". Il possède en effet cinq allures naturelles: le pas, le trot, le galop, le tölt et l'amble. Le tölt est une sorte de pas accéléré et relevé à quatre temps, aussi rapide qu'un petit galop. Très confortable pour le cavalier, cette allure peut être conservée sans fatigue par l'Islandais sur de longues distances. L'amble ressemble à un trot latéral. On distingue deux sortes d'amble : l'amble dit " de cochon " (deux temps) et l'amble de course ou flugskleid (quatre temps). Le premier est inesthétique et inconfortable, mais le deuxième est rapide et spectaculaire. Bien que ces allures soient naturelles, il arrive que certains Islandais ne töltent ou n'amblent pas ou très mal. Ceux qui le font parfaitement sont donc particulièrement recherchés. Un Islandais qui ne sait que tölter est désigné sous le nom de cheval à quatre allures. Mais s'il sait à la fois tölter et ambler, il est considéré comme un cheval à cinq allures. Les meilleurs tölteurs et ambleurs s'affrontent dans des compétitions qui leur sont réservées et où le brio de leurs allures est noté : épreuves de quatre allures, de cinq allures, de tölt, de dressage, etc. Ils participent également à des courses d'amble.
Dans son pays d'origine, l'Islandais est toujours utilisé comme moyen de locomotion monté et comme monture de travail. L'élevage des moutons est en effet toujours avec la pêche la principale activité de l'île.
Ce sont ses allures confortables qui font de l'Islandais une excellente monture de ballade et de randonnée. Il a en outre le pied sûr (n'oublions pas qu'il se déplace en Islande sur des terrains escarpés) et un grand sens de l'orientation. Il devrait d'ailleurs effectuer une percée en endurance dans les années qui viennent. Il peut être monté aussi bien par des enfants que par des adultes. Car attention, si l'Islandais est doux, docile et proche de l'homme, il est aussi incroyablement énergique au travail. Intelligent, il doit être monté avec doigté car il a beaucoup de caractère et garde un côté un peu sauvage.
L'Islandais peut également participer à de petits concours de saut d'obstacles, mais cette discipline n'est pas son fort. En outre, plus un Islandais amble bien, moins il sait sauter. Il peut aussi faire un peu de dressage et être attelé avec bonheur.


Prix : un Islandais adulte vaut au minimum 20.000 francs. Les poulains sont moins chers, tandis que les reproducteurs et les très bons tölteurs ou ambleurs ne valent pas moins de 50.000 francs.

Pour en savoir plus :
Fédération française du cheval islandais, 1 rue des mésanges, 57430 Kappelkinger. Tél. : 03 83 62 30 58. Fax : 03 83 62 32 30.

Standard :
Taille : de 1, 25 à 1, 40 mètres.
Robe : toutes les couleurs de robe sont admises, y compris la robe pie
Corps : encolure courte et puissante ; garrot large ; dos court ; croupe courte, large et inclinée ; queue attachée bas ; épaules longues et obliques ; membres bien charpentés, courts et solides ; jarrets puissants ; sabots durs. L'Islandais a un corps trapu et des crins fournis.
Tête : grosse et forte ; chanfrein rectiligne ; ganaches prononcées ; front large ; oreilles petites.



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