| Cheval
en détresse : Le Prémarin, le médicament de la honte.
Des dizaines de milliers de juments souffrent chaque jour le martyr
pour permettre la production d'un médicament contre la ménopause.
Petit détour en enfer.
C'est
en 1995 que l'association de protection animale " One Voice
" (anciennement Aequalis, puis Talis) dévoile en France le
calvaire enduré par des juments élevées pour la fabrication d'un
médicament. Ce médicament, c'est le Prémarin. Produit par le laboratoire
Wyeth-Ayerst, il sert à soigner les troubles de la ménopause. Il
est conçu à base d'oestrogènes présentes dans l'urine de juments
gestantes. Et pour récolter cette urine, le laboratoire ne fait
pas le tour des élevages et des clubs hippiques des environs...
75.000 juments sont enfermées dans des fermes américaines et canadiennes,
dans une quasi-obscurité. Attachées dans de minuscules stalles dont
le sol est à peine paillé, elles sont inséminées artificiellement.
Elles passeront les huit mois suivants sans voir une seule fois
la lumière du jour. Une poche est fixée en permanence entre leurs
membres postérieurs, provoquant de douloureux frottements. Attachée
aux poutres du plafond, elle sert à récolter l'urine. Les juments
ne peuvent ainsi pas se coucher. Contraintes à l'immobilité, leurs
jambes sont pleines d'oedèmes et d'arthrite. Il n'est pas rare qu'elles
se blessent contre les cloisons. Et afin que l'urine soit plus concentrée
en oestrogènes, les juments ne sont pas abreuvées suffisamment.
L'été, les fermes se transforment en véritables étuves, tandis qu'elles
sont pleines de courants d'air l'hiver.

Légende
: Malheureusement, tous ne connaîtront pas cette chance.
Le droit d'améliorer la santé de certaines femmes
ne donne
pas droit à une souffrance intolérable pour d'autres.
.Les
poulains sont envoyés à l'abattoir
L'horreur ne finit pas lorsque naissent les poulains, 70.000 environ
par an. Rapidement sevrés (à trois mois), ces derniers sont conduits
vers des parcs d'engraissement avant de prendre le chemin de l'abattoir.
Quelques poulains et pouliches sont gardés, les premiers pour la
reproduction, les secondes pour renouveler le cheptel des fermes.
Quant aux juments, elles sont une nouvelle fois inséminées et reprennent
le chemin de leur stalle.
Chaque année, des dizaines de juments meurent, généralement d'épuisement
ou en raison d'une plaie mal soignée qui s'est infectée. Celles
qui sont trop vieilles ou qui sont devenues stériles sont conduites
au boucher.
Le Prémarin est vendu à huit millions de femmes dans le monde, rapportant
quatre milliards de francs par an au laboratoire qui le produit.
Il existe pourtant d'autres médicaments du même type qui sont eux
conçus sans aucune cruauté, à base de plantes ou de produits synthétiques.
Pour faire cesser cette souffrance, l'association One Voice et le
CHEM (centre d'hébergement des équidés martyrs) se sont lancés dans
un véritable combat, faisant circuler des pétitions, organisant
des manifestations et envoyant des dossiers aux gynécologues et
endocrinologues de France pour leur révéler les dessous du Prémarin.
Leur souhait : faire plier le laboratoire Wyeth-Ayerst et l'obliger
à se recycler dans d'autres médicaments en faisant baisser le nombre
de prescriptions de Prémarin. D'autres associations de protection
animale les ont rapidement rejoints (Fondation Brigitte Bardot,
LAF-DAM, etc.) ainsi que des médecins. Rapidement, les résultats
de cette campagne sont apparus : les ventes de Prémarin ont baissé
en France et la production d'urine a été diminuée par le laboratoire
(donc le nombre de juments présentes dans les fermes aussi) alors
qu'il avait justement l'intention de la multiplier par trois. Mais
pour One Voice, le combat ne sera terminé que le jour où plus aucune
jument ne connaîtra cet enfer.
Si
vous souhaitez agir à ses côtés, n'hésitez pas à la contacter :
One Voice, 8 rue des Morillons, 75015 Paris. Tél. : 01 56 56 62
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