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docteur : Les tares molles
Dures
ou molles, les tares désignent les grosseurs plus ou moins importantes
que l'on trouve sur les membres des chevaux. Découvrons ce mois-ci
les tares molles. Parfois bénignes, parfois gênantes, elles sont
toujours la preuve d'un traumatisme ou d'une inflammation quelconque.
Les tares molles sont dues à des dilations des synoviales articulaires
ou tendineuses. En clair, il s'agit d'une production excessive de
liquide synovial (la synovie est le liquide qui lubrifie les articulations)
au niveau des articulations ou des tendons. On distingue deux types
de tares molles.
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Les molettes et vessigons. Le terme molette désigne les
tares molles que l'on trouve sur le boulet ou le creux du paturon.
Celui de vessigon englobe les tares molles qui siègent sur le genou,
le grasset ou le jarret. Il s'agit donc de la même affection, mais
que l'on nomme différemment suivant sa localisation. Par contre,
il n'est pas toujours facile de voir d'un simple coup d'oil si la
tare touche une articulation ou un tendon. Dans tous les cas, il
s'agit d'affections chroniques : les tares évoluent lentement et
leur aspect n'a rien d'impressionnant.
Ces tares témoignent d'une usure ou d'une inflammation de l'articulation
ou du tendon concerné. Il y a une accumulation anormale de liquide
synovial sous la peau, ce qui provoque une grosseur ressemblant
à une petite tumeur. Cette usure ou inflammation peut avoir plusieurs
causes. Elle peut être provoquée par un défaut d'aplomb, une maladie,
une infection, un traumatisme, un travail éprouvant ou une évolution
répétitive sur un terrain trop meuble.
Les molettes et vessigons articulaires sont le signe d'un trouble
ou d'une fragilité d'ordre pathologique qui peut à terme rendre
le cheval inutilisable. Ils s'installent en outre souvent sur des
articulations fonctionnant en flexion permanente et très sollicitées
pendant l'effort (boulet, jarret, etc.). Ils sont donc difficiles
à soigner.
Les molettes et vessigons tendineux sont plus fréquents, mais moins
graves. S'ils démontrent une inflammation du tendon, des chevaux
sains peuvent aussi en développer sans raison apparente. En fait,
ils apparaissent parfois à la suite de troubles circulatoires du
liquide synovial dont la localisation est bien ciblée et qui n'entraînent
aucune conséquence sur la santé ou les performances d'un cheval.
Avant de traiter molettes et vessigons, il faut tout d'abord supprimer
leurs causes. Mais il est toujours difficile de soigner articulations
et tendons qui sont sans cesse sollicités par le cheval. Les tares
peuvent se soigner à l'aide d'infiltrations ou d'une opération chirurgicale.
Certains soins ou précautions empêchent leur apparition et aident
à leur régression : échauffement progressif au travail, douche,
pose de bandes de repos accompagnées d'un produit calmant ou astringent,
massage des tendons, évolution sur terrain sec (mais pas trop quand
même...), etc.
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Les hygromas. Les hygromas apparaissent à la suite d'un
ou plusieurs chocs sur une zone donnée. Une réaction inflammatoire
provoque la création d'une cavité sous la peau qui se remplie de
liquide synovial.
S'il se situe à la pointe du coude, l'hygroma se nomme " éponge
". On le retrouve chez les chevaux ferrés qui se couchent en vache,
en raison de la pression exercée par les fers des antérieurs sur
la pointe du coude et du frottement avec le sol, notamment lorsque
le cheval se relève et que la litière est peu épaisse. Cette tare
n'a aucune incidence sur la santé du cheval, mais est disgracieuse.
Pour y remédier, le cheval doit être installé sur une litière confortable
et doté d'une ferrure spéciale.
Si l'hygroma se situe à la pointe du jarret, il se nomme " capelet
". Ses cause sont sensiblement les mêmes que celles de l'éponge.
On le trouve aussi chez les chevaux qui ruent au box et se cognent,
soit parce qu'ils s'impatientent lors de la distribution de nourriture,
soit parce qu'ils ne s'entendent pas avec leurs voisins de box.
Certains chevaux attelés, comme les trotteurs de course, en sont
également parfois atteints à la suite d'un choc avec la calèche
ou le sulky. Cette tare peut gêner le cheval dans sa locomotion.
Il est donc nécessaire de lui donner de nouveaux voisins de box
avec lesquels il s'entend mieux, voire de capitonner son box pour
l'empêcher de se blesser.
Plus rare, l'hygroma du boulet se rencontre également chez les chevaux
qui s'impatientent lors des repas et tapent, notamment dans leur
râtelier. Il faut donc supprimer ce dernier ou le placer en hauteur.
Cette tare n'est généralement pas trop grave.
L'hygroma du genou peut à l'inverse gêner l'extension du membre
et donc la locomotion du cheval. Ses causes sont plus difficiles
à cerner. Le liquide synovial s'infiltre ici directement dans des
cavités existantes comme l'articulation du genou, et non dans des
cavités créées par le traumatisme. Cette tare se retrouve chez certains
sauteurs qui heurtent les barres de leurs genoux. Il faut alors
poser des genouillères.
Mais protéger les zones abîmées (par des bandages notamment) et
supprimer les causes des hygromas ne suffit pas, il faut aussi les
soigner grâce à des anti-inflammatoires prescrits par le vétérinaire.
Une opération chirurgicale de drainage peut aussi être envisagée.
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