Originaire
du centre de la France, dans l'Allier près de Moulin, L'adjudant
Henri Kiriel est en place depuis un peu plus de deux ans à ce poste,
à la compagnie de gendarmerie de Chantilly, dans le sud de l'Oise
(60). Âgé d'une petite quarantaine d'années, il commande avec brio
le poste permanent à cheval. En effet, il vient de recevoir une
récompense que lui a attribué le Général de la Garde Républicaine
en raison du travail accompli.
|

L'adjudant
Henri Kiriel : gendarme et cavalier émérite
|
Galoway : Comment êtes-vous devenu gendarme à cheval ?
L'adjudant
Henri Kiriel : J'ai toujours aimé les chevaux. En fait,
je suis originaire d'une région où il y avait (et il y a toujours)
un peu d'élevage et j'habitais à la campagne. La passion des chevaux
m'est venue à leur contact, même si je n'ai jamais eu de cheval
personnel. La raison de mon choix tient simplement au fait que l'on
m'a offert l'opportunité de servir dans la dernière unité montée
de l'armée française. Comme je monte à cheval depuis ma plus tendre
enfance, je n'ai pas pu refuser. Le cheval est vraiment une grande
passion pour moi. D'ailleurs, en dehors du cadre de la gendarmerie,
je continue à monter des chevaux, notamment ceux de courses.
Galoway
:Quelles sont vos missions au sein du Poste à Cheval (P.A.C.)
?
L'adjudant
Henri Kiriel : C'est surtout l'événement qui nous fait
réagir. Nos missions correspondent essentiellement à des patrouilles
dans la zone forestière des trois forêts (Chantilly, Ermenonville,
Halatte). Elles sont très différentes les unes des autres, notre
travail s'oriente en fonction de cela : braconnage, protection de
l'environnement, vols de véhicules, surveillance de prix hippiques,
des parkings,. Les autres unités de la compagnie ont une surveillance
plus " citadine ". Je ne dis pas que nous n'allons jamais en ville,
mais nous axons nos surveillances sur le massif forestier. Nous
possédons, en outre un 4x4 qui nous permet de nous déplacer plus
facilement dans les zones boisées, notamment la nuit ou lorsqu'il
y a de fortes intempéries.
Galoway
: Quelles sont les qualités d'un bon gendarme à cheval ?
L'adjudant
Henri Kiriel : Ce sont les mêmes que pour un gendarme.
Mais, il faut avant tout être équitant, afin de connaître notamment
les rudiments de base de l'équitation. C'est par exemple, savoir
optimiser son outil de travail : le cheval (l'utiliser à bon escient,
ne pas l'épuiser pour un rien). L'équitation dans un poste à cheval,
c'est aussi quelque part un sacerdoce. C'est notre outil de travail
premier. Il faut s'en occuper du matin jusqu'au soir, sept jours
sur sept et ce, toute l'année. A partir de là, dans les poste à
cheval et même au niveau de la Garde, on ne peut pas prendre de
personnes qui n'ont jamais vu un cheval de leur vie.
Galoway
: Pouvez-vous nous parler de votre équipe ?
L'adjudant
Henri Kiriel : Il y a six personnes : trois sous-officiers dont
le chef de poste, un gendarme adjoint féminin et deux gendarmes
auxiliaires, appelés du contingent. Nous avons cinq chevaux en permanence
au poste. Le souci dans un P.A.C. c'est d'avoir un groupe de cavaliers
et de chevaux homogène, c'est important. Tout le monde dans l'unité
est apte à monter tous les chevaux. L'objectif, est de pouvoir assurer
toutes les missions. Ici, cela marche relativement bien et nous
avons un contact facile avec la population grâce à la popularité
du cheval. Chantilly est la ville du cheval par excellence et nous
sommes très bien perçus. Tout le monde a envie de caresser les chevaux,
notamment les enfants. Cela nous permet de prendre une revanche
sur les chevaux vapeurs !
Galoway
: : D'où viennent les chevaux du P.A.C. ? Ont-ils un dressage particulier
? A quel âge les chevaux sont-ils réformés ?
L'adjudant Henri Kiriel : Les chevaux du P.A.C. proviennent
d'un escadron du régiment de cavalerie de la Garde. Au départ, ils
sont débourrés à Saint-Germain en Laye et sont ensuite affectés
dans des escadrons selon leur robe : alezane, bai, bai brun et gris
pour la fanfare cavalerie afin de parfaire leur formation qui reste
la même pour tous. Quand ils arrivent ici, ils n'ont pas de dressage
particulier et c'est alors à nous de les adapter au mieux à ce nouvel
environnement. Il y a effectivement un temps d'adaptation car le
travail à la Garde n'est pas le même. Il faut notamment les mettre
en condition physique afin qu'ils soient suffisamment musclés pour
assurer des patrouilles de trois ou quatre heures par jour. Il est
vrai que le premier mois, ils vivent sur les acquis de leur dressage
mais ils s'adaptent rapidement et ça repart sans problème. Nous
les gardons au maximum jusqu'à l'âge de 18 ans, date à laquelle
les chevaux passent en commission de réforme. Mais ceci dit, ils
peuvent passer bien avant en commission de réforme, pour des raisons
de santé, d'état physique ou de boiterie. Ensuite, ils sont soit
rachetés par les cavaliers gendarmes, soit confiés à une association
où ils passent des jours paisibles. En quelque sorte, ils y retrouvent
leurs copains de régiment, puisque cette association se charge de
recueillir uniquement les chevaux réformés de l'Etat.
L'Adjudant Henri Kiriel lors d'une
patrouille
dans le massif forestier
Galoway
: Y a-t-il des aspects de votre métier qui vous semblent rébarbatifs
?
L'adjudant Henri Kiriel : Non, tout me plaît, chaque
partie de ce métier
est intéressante. Le pansage peut paraître une corvée pour certains,
mais il est
en
fait très utile puisque l'on
peut juger de
l'état du
cheval
et
prendre soin de
lui. C'est la même chose
pour les cuirs car on apprécie toujours d'avoir un matériel propre
et confortable. Idem pour les boxes, le nettoyage
c'est pour le bien-être du cheval. S'il se sent bien, il vous le
rendra largement. Le seul inconvénient c'est de sortir sous
de fortes intempéries : les chevaux font la tête et nous aussi.
Alors, à partir de là, on retourne vers des chevaux un peu plus
mécaniques, comme le 4x4.
| Stéphanie
Trachez : gendarme adjoint féminin pour emploi à la légion de
Picardie ! |
Stéphanie
Trachez, originaire d'Amiens (80), 20 ans, fille de gendarme
est actuellement gendarme adjoint féminin pour emploi à la légion
de Picardie. Elle s'est passionnée pour le cheval depuis l'âge
de dix ans. " C'est ma cousine qui m'a transmis le virus du
cheval " confie-t-elle. Une réelle passion du cheval qui a sans
doute été récompensée par son affectation à Chantilly.
Cavalière émérite, elle est arrivée au poste à cheval de Chantilly
au mois d'octobre 1999 : " C'est un moyen pour moi de pouvoir
concilier passion et travail. Ce qui me plaît le plus, ce sont
les relations privilégiées que nous avons avec la population
et le contact des chevaux même si certaines tâches sont parfois
difficiles ". Il est vrai que de faire les boxes est un travail
diffic ile,
mais cela ne lui fait pas peur.
Et les garçons dans tout cela ? La gendarmerie est quand même
un univers d'hommes ! Aucun problème, le langage du cheval lui
a permis de s'intégrer rapidement et d'être considérée d'égal
à égal avec tout le monde, même si, elle n'en reste pas moins
une femme. Cette jolie brunette peut être fière de son parcours
qui ne fait que commencer. Même, si elle n'est qu'aux prémices
de sa formation, elle prépare actuellement le concours de sous-officier
de gendarmerie pour ensuite formuler dans un second temps, le
souhait de servir au régiment de cavalerie. Stéphanie, a déjà
aujourd'hui le privilège d'être la première femme affectée à
un poste à cheval à la Garde Républicaine. Peut-être même sera-t-elle
la première à défiler à l'horizon 2002 sur les Champs Elysées
avec la Garde Républicaine. C'est ce que nous lui souhaitons.
|
|
| GRATUIT |
Newsletter
Recevez l'essentiel
de l'actualité de l'équitation !
saisissez votre E-mail :
|
|
 |
h h |